Notes de frais sur Pennylane : le geste et le risque fiscal
Le circuit dans l’outil, ce que le remboursement automatique fait vraiment, et ce qu’une note mal justifiée coûte en TVA, en cotisations et en résultat.
Sommaire
- Où ça se trouve, et sous quel abonnement
- Le geste, côté salarié
- Le circuit de validation
- Le remboursement : ce que l’outil déclenche vraiment
- Les frais kilométriques
- La valeur probante du justificatif
- Ce qu’une note de frais mal traitée coûte vraiment
- Questions fréquentes sur les notes de frais dans Pennylane

En résumé
- La fonction n’est pas dans tous les plans. Elle est absente des formules d’entrée de gamme et du plan collaboratif standard : si le menu n’apparaît pas, c’est l’abonnement, pas les droits.
- Motif et type de dépense sont obligatoires à la saisie. Ce n’est pas une lubie : un justificatif sans motif est exactement ce qu’un vérificateur remet en cause.
- Le remboursement ne part de l’outil que si le compte bancaire est connecté en API. Sinon, l’outil génère un fichier XML à exécuter dans votre banque.
- Sur le barème kilométrique, deux réserves : rien ne documente une mise à jour annuelle automatique, et la personnalisation fait l’objet d’informations contradictoires chez l’éditeur.
- La photo ne vaut pas original par défaut. Il faut le cachet électronique, qui n’est ni activé d’origine, ni rétroactif, ni disponible sur tous les plans.
La note de frais est le document le plus banal de l’entreprise et l’un des plus surveillés en contrôle. Un ticket flou, un motif absent, un barème mal appliqué, et une charge déductible devient un avantage en nature — avec des conséquences fiscales et sociales. Voici le geste dans l’outil, et le risque qui va avec.
Où ça se trouve, et sous quel abonnement
Premier point, parce qu’il évite de chercher un menu qui n’existe pas chez vous : la fonction notes de frais n’est pas incluse dans tous les plans. Elle apparaît à partir des plans supérieurs, et reste absente des formules d’entrée de gamme comme du plan collaboratif standard fourni par un cabinet.
Si vous ne la voyez pas, ce n’est donc pas un problème de droits mais d’abonnement. C’est une question à poser à votre cabinet avant d’organiser un circuit autour d’un outil auquel vos salariés n’auront pas accès.
Une fois disponible, le module se trouve dans Achats, avec deux entrées distinctes : Vos notes de frais pour les siennes, Notes de frais des équipes pour celles à valider.
Le geste, côté salarié
Deux canaux, et le mobile est de loin le plus utilisé en pratique.
Sur l’application mobile : onglet Achats, Vos notes de frais, puis Soumettre une note de frais. On photographie le justificatif, la reconnaissance de caractères pré-remplit le montant, la TVA, le type de dépense et le motif, on vérifie, on envoie.
Sur ordinateur : même logique en important le fichier.
Deux champs sont obligatoires et ce ne sont pas les plus évidents : le motif et le type de dépense. Ce n’est pas une lubie de l’éditeur. Un justificatif sans motif est une charge sans justification d’engagement professionnel, et c’est exactement ce qu’un vérificateur remet en cause. Faire remplir « déjeuner » ne suffit pas : « déjeuner client, dossier X » est ce qui tient.
Le circuit de validation
Quatre statuts se succèdent, et l’un d’eux surprend souvent.
| Statut | Ce qu’il signifie |
|---|---|
| À valider | Soumise par le collaborateur, en attente de l’approbateur |
| Acceptée | Validée — et elle bascule aussitôt en « À rembourser » |
| À rembourser | Le paiement reste à déclencher |
| Refusée | Rejetée, avec commentaire possible |
L’approbateur ouvre la note, vérifie le justificatif, le montant, la date, le type et le motif, puis valide ou refuse. Un espace de commentaires permet de demander une précision sans repasser par un e-mail — c’est là que doit se régler le ticket illisible, pas trois mois plus tard en révision.
Des circuits à plusieurs niveaux existent sur les plans supérieurs. En revanche, je n’ai trouvé aucune documentation permettant d’affirmer qu’on peut router automatiquement une note selon son montant ou sa catégorie : si ce point est structurant pour vous, faites-le vérifier en démonstration plutôt que de le supposer.
Le remboursement : ce que l’outil déclenche vraiment
C’est le point sur lequel les raccourcis sont les plus fréquents, alors soyons précis.
Pennylane déclenche le virement uniquement si votre compte bancaire est connecté en API — son propre compte professionnel, ou certaines néobanques. Dans ce cas, le remboursement part depuis l’outil et le rapprochement se fait tout seul quand la transaction revient.
Dans tous les autres cas, l’outil génère un fichier de virement au format XML, que vous déposez dans votre banque. Le paiement est exécuté à l’extérieur. Concrètement : une TPE lyonnaise dont le compte est dans une banque de réseau ne paiera pas ses notes de frais depuis Pennylane. Elle exportera un fichier.
Cas particulier fréquent : le remboursement passé par le bulletin de paie. L’outil ne le voit pas, il faut alors reclasser la note manuellement en « remboursée », sans quoi elle reste indéfiniment en attente.
Les frais kilométriques
Le barème est intégré : vous saisissez la puissance fiscale, les adresses ou le kilométrage, la date et le motif, et le montant se calcule seul. Les options aller-retour et trajet récurrent évitent la ressaisie.
Trois réserves, et elles comptent pour un dirigeant.
- Le barème applicable est celui publié par l’administration fiscale, que les organismes sociaux reprennent pour l’assiette des cotisations. La référence à citer en cas de question est impots.gouv.fr, pas la documentation d’un éditeur.
- Je n’ai pas trouvé de documentation confirmant une mise à jour annuelle automatique du barème. L’éditeur documente une régularisation en cas de changement de tranche kilométrique, ce qui n’est pas la même chose. Vérifiez en début d’année que le barème appliqué est le bon.
- La personnalisation du barème fait l’objet d’informations contradictoires entre deux pages officielles de l’éditeur : présentée comme une fonctionnalité des plans supérieurs d’un côté, comme une piste à l’étude de l’autre. Ne construisez pas une politique de remboursement dessus sans confirmation écrite.
Rappel de fond : le barème kilométrique couvre l’usage du véhicule personnel. Il ne se cumule pas avec la prise en charge des frais réels du même véhicule, et un dirigeant qui dispose d’un véhicule de société n’y a pas droit pour ces trajets.
La valeur probante du justificatif
La question que tout le monde pose : peut-on jeter le ticket après l’avoir photographié ?
Par défaut, non. La photo seule ne vaut pas original. L’éditeur propose un mécanisme de cachet électronique qui garantit l’intégrité et l’authenticité du document archivé, et c’est lui — et lui seul — qui permet de s’affranchir du papier. Trois conditions à connaître :
- il n’est pas activé par défaut : c’est une fonctionnalité à demander ;
- il n’est pas rétroactif : seuls les documents ajoutés après activation en bénéficient ;
- il est réservé aux plans payants, avec des modalités qui varient selon le mode de dépôt.
Tant que ces conditions ne sont pas réunies, conservez les originaux. Et même une fois le dispositif en place, vérifiez avec votre cabinet ce qu’il couvre exactement : la documentation de l’éditeur ne cite aucun texte de référence à l’appui, ce qui ne suffit pas à fonder une politique d’archivage. Les obligations de conservation sont, elles, rappelées sur le BOFiP et sur service-public.fr.
Ce qu’une note de frais mal traitée coûte vraiment
Trois risques, par ordre de fréquence.
La TVA non récupérable. Sans justificatif conforme, ou sur une dépense exclue du droit à déduction, la TVA déduite est rappelée. Sur des volumes de restauration et de carburant, l’addition annuelle n’est pas symbolique.
La requalification en avantage en nature. C’est le risque le plus coûteux, parce qu’il est double : réintégration au résultat imposable et cotisations sociales sur le montant, avec les majorations. Un remboursement forfaitaire régulier sans justificatif est le cas d’école.
Le compte de tiers qui ne se solde jamais. Côté comptable, une note validée mais jamais remboursée laisse un solde qui traîne d’exercice en exercice. C’est le même sujet que le lettrage des comptes de tiers : ce qui ne se solde pas raconte toujours quelque chose.
Un contrôle simple suffit à tenir l’ensemble : en fin de mois, aucune note ne doit rester en « à rembourser » depuis plus de trente jours. C’est la vérification que nous mettons en place en premier chez nos clients, et vous pouvez en discuter avec un cabinet certifié Pennylane à Lyon ou dans le cadre de la gestion du personnel et des bulletins de salaire, puisque les deux sujets se rejoignent dès qu’un remboursement passe en paie.
Questions fréquentes sur les notes de frais dans Pennylane
Les notes de frais sont-elles incluses dans tous les abonnements ?
Non. La fonction n’apparaît qu’à partir des plans supérieurs et reste absente des formules d’entrée de gamme comme du plan collaboratif standard. Si le menu n’apparaît pas chez vous, c’est une question d’abonnement et non de droits d’accès : vérifiez auprès de votre cabinet avant d’organiser un circuit autour de cet outil.
Un salarié peut-il soumettre depuis son téléphone ?
Oui, c’est le canal le plus utilisé. Depuis l’application, onglet Achats puis Vos notes de frais, il photographie le justificatif ; la reconnaissance de caractères pré-remplit montant, TVA, type de dépense et motif. Il vérifie et envoie. Le motif et le type de dépense sont obligatoires, et c’est une bonne chose.
Pennylane rembourse-t-il directement le salarié ?
Seulement si votre compte bancaire est connecté en API, ce qui concerne le compte professionnel de l’éditeur et certaines néobanques. Sinon, l’outil génère un fichier de virement au format XML que vous exécutez dans votre banque. Une entreprise ayant son compte dans une banque de réseau paiera donc à l’extérieur.
Peut-on jeter le ticket après la photo ?
Pas par défaut. Il faut le mécanisme de cachet électronique, qui n’est ni activé d’origine, ni rétroactif, et qui est réservé aux plans payants. Tant qu’il n’est pas en place, conservez les originaux. Et faites valider par votre cabinet ce que le dispositif couvre réellement avant de changer votre politique d’archivage.
Le barème kilométrique est-il mis à jour automatiquement ?
Le barème est intégré et le calcul est automatique, mais je n’ai trouvé aucune documentation confirmant une mise à jour annuelle automatique. L’éditeur documente une régularisation lors d’un changement de tranche kilométrique, ce qui est différent. Vérifiez en début d’année que le barème appliqué correspond à celui publié par l’administration.
Que risque-t-on sur une note de frais mal justifiée ?
Trois choses : le rappel de la TVA déduite, la requalification en avantage en nature avec réintégration au résultat et cotisations sociales, et un compte de tiers qui ne se solde jamais. Le remboursement forfaitaire régulier sans justificatif est le cas le plus systématiquement redressé.
Faites auditer votre circuit de notes de frais
Justificatifs, barème kilométrique, remboursements en attente, archivage : nous reprenons votre circuit et nous vous disons ce qui tiendrait en contrôle et ce qui ne tiendrait pas.
Expert-comptable associé — Archipel Lyon
Fondateur du cabinet Archipel à Lyon Bellecour, Gael accompagne les créateurs d’entreprise, les indépendants et les TPE dans leurs choix juridiques, fiscaux et comptables.
Cabinet Archipel — Expert-comptable et commissaire aux comptes à Lyon Bellecour.
Pennylane est une marque déposée de Pennylane SAS. Cet article est édité de façon indépendante par le cabinet Archipel et n’est ni commandité ni validé par Pennylane.