Ouvrir ou reprendre une officine à Lyon suppose un choix structurant : sous quelle forme juridique exercer ? Contrairement à d’autres professions libérales, le pharmacien évolue dans un cadre très encadré (monopole pharmaceutique, licence d’exploitation, inscription à l’Ordre). Le statut retenu conditionne votre fiscalité, la protection de votre patrimoine, la transmission de l’officine et la capacité à vous associer. Voici les principales options et leurs implications.
Un préalable : le diplôme et l’inscription à l’Ordre
Quel que soit le statut choisi, l’exploitation d’une officine est réservée aux titulaires du diplôme d’État de docteur en pharmacie, inscrits à la section A de l’Ordre national des pharmaciens. Le pharmacien titulaire est juridiquement un commerçant (ses revenus relèvent des BIC, et non des BNC comme la plupart des libéraux), et l’ouverture d’une officine est soumise à une licence délivrée par l’Agence régionale de santé, avec des quotas liés à la population de la commune.
Les statuts possibles pour exploiter une officine
| Statut | Principe | Fiscalité | Points d’attention |
|---|---|---|---|
| Entreprise individuelle (en nom propre) | Le pharmacien exploite seul, sans créer de société. | Impôt sur le revenu (BIC) | Simplicité, mais patrimoine professionnel désormais séparé du patrimoine personnel (statut unique de l’EI). Peu adapté à l’association ou à la transmission. |
| SELARL / SELAS (société d’exercice libéral) | La société est propriétaire du fonds et exerce l’activité ; c’est la forme dominante aujourd’hui. | Impôt sur les sociétés | Les pharmaciens en exercice doivent détenir plus de la moitié du capital et des droits de vote. Optimisation de la rémunération et facilité d’association. |
| SPFPL (holding) | Société de participations qui détient des parts d’une ou plusieurs SEL d’officine. | Impôt sur les sociétés (intégration fiscale possible) | Outil de reprise et de transmission : la holding emprunte et rembourse grâce aux dividendes remontés. Doit être inscrite à l’Ordre. |
| SNC / SARL | Formes plus anciennes, encore rencontrées pour l’exploitation à plusieurs. | IR ou IS selon la forme | La SNC engage la responsabilité indéfinie des associés ; de moins en moins utilisée au profit de la SEL. |
En pratique : quelle forme choisir ?
La tendance de fond est nette : la société d’exercice libéral (SELARL le plus souvent, SELAS pour plus de souplesse de gouvernance) s’est imposée comme le cadre de référence pour une officine. Elle permet de dissocier la rémunération du dirigeant et le résultat de la société, d’être imposé à l’impôt sur les sociétés (dont le taux est souvent plus favorable que la tranche marginale de l’IR pour un titulaire), et surtout de faciliter l’entrée d’un ou plusieurs associés puis, à terme, la cession.
Pour une reprise d’officine, le montage combinant SEL + SPFPL est particulièrement efficace : la holding porte l’emprunt de rachat et le rembourse avec les dividendes de la SEL, dans un cadre fiscal optimisé. L’entreprise individuelle, elle, ne se justifie plus guère que pour de petites officines exploitées seul, sans projet d’association ni logique patrimoniale.
L’accompagnement d’un expert-comptable
Le choix du statut d’une officine ne se résume pas à une question fiscale : il engage le financement de la reprise, la valorisation du fonds, la rémunération du titulaire et la transmission future. Un expert-comptable spécialisé en pharmacie chiffre les scénarios (EI vs SEL, avec ou sans holding), sécurise le plan de financement et pilote la comptabilité BIC propre à l’officine. À Lyon, le cabinet Archipel accompagne les pharmaciens dans ce choix et dans la gestion courante de leur officine.
Questions fréquentes sur le statut juridique du pharmacien
Un pharmacien peut-il exercer en micro-entreprise ?
Non pour l’exploitation d’une officine : l’activité est soumise à licence et à des règles propres. Le régime micro n’est pas adapté à une officine.
Peut-on détenir une officine sans être pharmacien ?
Non. La majorité du capital et des droits de vote doit rester entre les mains de pharmaciens en exercice dans la structure ; un investisseur non-pharmacien ne peut pas prendre le contrôle.
SELARL ou SELAS ?
La SELARL est plus encadrée et souvent choisie par défaut ; la SELAS offre davantage de liberté statutaire (gouvernance, catégories d’actions). Le choix dépend de votre projet d’association et de votre situation sociale.
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé. Le cadre applicable aux officines évolue ; faites valider votre choix de statut par votre expert-comptable et, le cas échéant, par votre avocat. Sources : Ordre national des pharmaciens, Bpifrance Création.