Skip to main content
Création entrepriseNon classé

Passer de micro à société : le guide complet 2026

Création d’entreprise

Passer de micro à société : le guide complet 2026

Quand basculer, quel statut choisir, comment garder son ARE et combien ça coûte vraiment.

Gaël Gente · Expert-comptable associé · 10 min de lecture · 7 juin 2026

Gaël Gente, expert-comptable associé chez Archipel Lyon
Cover article Passer de micro à société 2026 — Archipel Lyon expert-comptable Bellecour
De la micro à la société — le guide complet 2026 par Archipel Lyon.

En résumé

  • Quand basculer ? CA approchant les plafonds micro, charges réelles supérieures à l’abattement forfaitaire, projet d’investissement, besoin d’optimiser la rémunération du dirigeant, embauche prévue. Au moins un de ces signaux suffit à enclencher la réflexion.
  • Quel statut choisir ? SASU pour la souplesse et l’image, EURL pour les cotisations TNS plus économiques. Le bon choix dépend de votre niveau de rémunération souhaité et de votre situation patrimoniale.
  • Et l’ARE / ARCE ? Les deux sont compatibles avec une création de société, sous conditions. L’ARE se maintient partiellement si vous limitez votre rémunération ; l’ARCE verse 60 % de vos droits restants en deux fois.
  • Combien ça coûte ? Frais de création 600 à 1 500 €, comptable 100 à 250 € par mois pour une société qui démarre. Largement amorti dès que les charges réelles dépassent l’abattement micro.
  • Combien de temps ? 4 à 8 semaines de la décision à l’immatriculation, en comptant la rédaction des statuts et le passage au tribunal de commerce.

La micro-entreprise est un statut formidable pour démarrer. Simple, économique, sans comptabilité lourde. Mais elle devient rapidement un plafond : sur le chiffre d’affaires, sur la déduction des charges, sur l’image renvoyée, sur la couverture sociale. Beaucoup de freelances et de créateurs que je reçois en tant qu’expert-comptable à Lyon attendent un an de trop avant de basculer en société — et le paient en impôt évitable. Voici comment décider, choisir, et exécuter le passage en 2026.

Pourquoi passer de micro à société : les 5 vrais déclencheurs

Aucun seuil légal ne vous oblige à quitter la micro avant les plafonds. Mais cinq situations rendent le passage économiquement évident.

1. Vous approchez les plafonds de chiffre d’affaires. Pour 2026, ces seuils restent à 188 700 € pour la vente de marchandises et 77 700 € pour les prestations de services BIC et les activités BNC. À 70 % de ces seuils sur 12 mois glissants, il faut commencer à modéliser la sortie.

2. Vos charges réelles dépassent l’abattement forfaitaire. La micro applique un abattement automatique : 71 % pour la vente, 50 % pour les services BIC, 34 % pour les BNC. Si vos charges réelles (loyer, matériel, sous-traitance, déplacements) dépassent ce pourcentage, vous payez de l’impôt sur du résultat qui n’existe pas. Notre guide des frais déductibles du freelance liste ce que vous ne déduisez pas en micro.

3. La franchise en base de TVA ne tient plus. Une fois passé les seuils de franchise, la TVA s’applique. Si vos clients sont des professionnels, ce n’est pas un problème (ils la récupèrent). Si vous facturez à des particuliers, votre prix grimpe de 20 % sans contrepartie pour eux. Notre article sur le seuil de TVA micro-entreprise détaille les options.

4. Vous voulez investir ou embaucher. Acheter du matériel à 15 000 €, recruter un alternant, signer un bail commercial : la micro y répond mal. Une société permet d’amortir l’investissement, de déduire le coût du salarié, et de structurer la croissance.

5. Vous voulez piloter votre rémunération. En micro, ce que vous encaissez est imposé. En société, vous choisissez entre salaire et dividendes, vous arbitrez avec votre conjoint, vous optimisez votre couverture sociale. C’est le déclencheur le plus puissant pour les freelances bien installés.

Dans 8 cas sur 10, le passage se rentabilise dès la première année — souvent par la seule économie d’impôt sur les charges déductibles.

SASU ou EURL : quel statut choisir en 2026 ?

Le débat se résume à deux statuts pour 90 % des passages individuels. La SARL et la SAS interviennent dès qu’il y a au moins deux associés.

Critère SASU EURL
Régime social du dirigeant Assimilé salarié TNS (gérant majoritaire)
Cotisations sociales sur 50 000 € de rémunération ~ 75 à 80 % du brut ~ 45 % du brut
Couverture maladie / retraite Régime général (meilleure) Sécurité sociale des indépendants
Dividendes Soumis au PFU 30 %, sans cotisations sociales Cotisations TNS sur la part > 10 % du capital
Image bancaire / investisseur Plus moderne Plus classique
Souplesse statutaire Très forte (libre rédaction) Encadrée par la loi

Le pivot du choix, c’est votre niveau de rémunération souhaité. En dessous de 30 000 € de rémunération nette annuelle, l’EURL est presque toujours plus économique grâce aux cotisations TNS plus basses. Au-dessus de 50 000 €, l’arbitrage devient serré et la SASU reprend l’avantage si vous valorisez la couverture sociale du régime général.

Pour trancher en quelques minutes avec vos chiffres réels, notre simulateur EURL vs SASU calcule le revenu net dans les deux régimes selon votre situation (ARE, conjoint, dividendes).

ARE, ARCE, ACRE : optimiser le cumul aides + société

C’est la zone la plus mal connue, alors qu’elle peut représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros pour un demandeur d’emploi qui crée sa société. Trois dispositifs à connaître et à articuler.

L’ARE (Aide au Retour à l’Emploi) maintenue

Si vous percevez l’ARE au moment de créer votre société, vous pouvez la conserver partiellement tant que votre rémunération de dirigeant reste limitée. France Travail neutralise une partie de l’ARE en fonction du salaire que vous vous versez : pas de salaire, ARE intégrale ; petit salaire, ARE diminuée d’autant. C’est souvent la meilleure option les 12 à 18 premiers mois pour sécuriser la trésorerie.

L’ARCE en capital : 60 % de vos droits en deux versements

L’alternative à l’ARE maintenue. Vous renoncez au versement mensuel et touchez 60 % de vos droits restants en capital, versés en deux fois : la première moitié à la création de la société, la seconde 6 mois plus tard si l’activité est toujours en cours. Pour un freelance avec 30 000 € de droits restants, cela représente 18 000 € de capital injecté dans la société. À privilégier si vous avez besoin de cash dès le départ.

L’ACRE : exonération de cotisations la première année

L’ACRE exonère partiellement les cotisations sociales du dirigeant pendant 12 mois, sur la part de revenu inférieure au plafond annuel de la Sécurité sociale. Elle est demandable une fois tous les trois ans, à condition de ne pas l’avoir activée pendant la micro. Beaucoup de freelances oublient qu’ils peuvent la garder pour le passage en société — c’est une économie de plusieurs milliers d’euros.

L’arbitrage en pratique

ARE maintenue ou ARCE ? Ça dépend de votre horizon. Si vous voulez une trésorerie d’amorçage importante et que votre activité va décoller vite, ARCE. Si vous préférez un complément de revenu mensuel pour absorber les premiers mois maigres, ARE maintenue. C’est l’arbitrage que je fais systématiquement au premier rendez-vous avec un freelance qui bascule.

Les 6 étapes concrètes du passage micro → société

Étape 1 — Choisir la date de bascule

La date détermine la TVA, l’imposition et la couverture sociale. Idéalement : le 1er janvier (clôture micro propre, exercice société complet). À défaut : une date après une fin de trimestre TVA pour éviter de jongler avec deux régimes en simultané.

Étape 2 — Rédiger les statuts de la société

Statuts type ou statuts sur mesure ? Pour un freelance solo, les statuts type d’une SASU ou EURL conviennent dans 90 % des cas. Sur mesure dès que vous avez des associés, un pacte d’actionnaires ou un projet patrimonial. Notre article sur la rédaction des statuts à Lyon détaille les pièges classiques.

Étape 3 — Déposer le capital social

1 € minimum légal, mais comptez 1 000 à 5 000 € pour avoir un capital crédible auprès des banques. Le dépôt se fait sur un compte bancaire bloqué ou chez un notaire. Le justificatif est nécessaire pour l’immatriculation.

Étape 4 — Publier l’annonce légale

Comptez environ 200 € selon le département. À Lyon, le tarif est encadré. L’attestation de parution est jointe au dossier d’immatriculation.

Étape 5 — Immatriculer la société

Depuis 2023, tout se fait sur le Guichet unique INPI (l’ancien CFE n’existe plus). Comptez 5 à 10 jours pour obtenir le Kbis. Le coût d’immatriculation est d’environ 40 € pour une société commerciale.

Étape 6 — Clôturer la micro et transférer l’activité

Déclaration de cessation de la micro, dernière déclaration de TVA et URSSAF, transfert des contrats clients et fournisseurs au nom de la société. Étape souvent bâclée — c’est pourtant celle qui crée le plus de redressements quand elle est mal faite. Un accompagnement par un expert-comptable est précieux ici.

Combien ça coûte vraiment ?

Pas de mauvaise surprise : le coût total d’un passage est connu d’avance.

Poste Coût 2026 Commentaire
Rédaction des statuts (modèle type) 0 à 500 € Gratuit en ligne, 300-500 € si fait par un pro
Dépôt du capital social 0 à 100 € Gratuit chez certaines banques en ligne
Annonce légale ~ 200 € Tarif encadré par département
Immatriculation Guichet unique INPI ~ 40 € Société commerciale
Comptable (mission création + 1ère année) 1 200 à 2 800 € HT Inclut bilan, liasse fiscale, conseil
Total année 1 1 500 à 3 500 € Hors capital social

À mettre en face de l’économie d’impôt : pour un consultant de Bellecour qui passe de 80 000 € de CA en micro à une société qui déduit ses vrais frais (loyer coworking, matériel, formation, déplacements), l’économie tourne couramment autour de 8 000 à 15 000 € la première année. Le retour sur investissement de la mission d’accompagnement création à Lyon est immédiat.

Questions fréquentes sur le passage micro → société

Faut-il attendre le plafond pour passer en société ?

Non, c’est même une erreur fréquente. La micro est intéressante tant que vos charges réelles sont inférieures à l’abattement forfaitaire. Dès qu’elles le dépassent, vous payez de l’impôt sur du résultat virtuel. Le bon timing, c’est cette ligne de croisement — souvent bien avant le plafond.

Puis-je créer une société tout en gardant mon activité micro ?

Oui, c’est même fréquent : deux activités distinctes, par exemple une micro de conseil et une SASU de formation. Attention aux risques de requalification si les deux activités se confondent ou facturent les mêmes clients. À cadrer en amont avec un expert-comptable.

Que se passe-t-il pour mes contrats clients en cours ?

Ils ne se transfèrent pas automatiquement. Il faut soit signer un avenant pour passer le contrat au nom de la société, soit clôturer puis re-signer. Idéalement, prévenir les clients 30 jours avant la bascule. La continuité de facturation et de relation est gérable sans accroc avec un peu d’anticipation.

Combien de temps prend le passage en pratique ?

4 à 8 semaines selon la complexité. Une SASU avec statuts type, capital de 1 000 € et un seul associé : 3 à 4 semaines. Une EURL avec apport en nature, conjoint collaborateur et bail commercial : plutôt 6 à 8 semaines. Le délai limitant, c’est rarement l’INPI — c’est la rédaction des statuts et la collecte des justificatifs.

Mon ARE est-elle compromise si je passe en société ?

Non, à condition de bien déclarer la création à France Travail. Vous choisissez ARE maintenue ou ARCE en capital. La compatibilité est totale, c’est même un dispositif conçu pour les créateurs. L’erreur à éviter : tarder à déclarer la création — France Travail peut alors demander le remboursement des ARE perçues à tort.

Faut-il un expert-comptable dès le passage ?

Pas obligatoire légalement, mais oui dans 95 % des cas. La société impose une comptabilité, une liasse fiscale, des arbitrages de rémunération, une déclaration de TVA. Ce n’est pas une option de confort : c’est l’outil qui sécurise la transition et déclenche les économies fiscales qui justifient le passage. Notre RDV création offert à Lyon fait le point sur votre situation avant toute décision.

Lancez votre société à Lyon avec Archipel

RDV création offert : on chiffre votre situation, on tranche SASU ou EURL, on cale l’optimisation ARE/ARCE. Vous repartez avec un plan clair.

Gaël Gente, expert-comptable associé chez Archipel Lyon

Gaël Gente

Expert-comptable associé — Archipel Lyon

Fondateur du cabinet Archipel à Lyon Bellecour, Gaël accompagne les créateurs d’entreprise, les indépendants et les TPE dans leurs choix juridiques, fiscaux et sociaux. Prendre rendez-vous →

Archipel Lyon — Expert-comptable à Lyon Bellecour — Accompagnement des créateurs, indépendants et TPE.