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GESTION LOCATIVE LMNP
Locataire qui ne paie plus : la procédure complète étape par étape

Locataire qui ne paie plus : la procédure complète, de la relance amiable à l'expulsion, avec les délais réels et le rôle de la GLI en LMNP.

Par Gael Gente · Expert-comptable associe · 8 min de lecture · 18 juillet 2026

A2026

En resume

  • Face à un impayé, agissez dès le premier retard : relance amiable, puis mise en demeure par lettre recommandée.
  • Sans règlement, un commissaire de justice délivre un commandement de payer qui ouvre un délai de six semaines.
  • Passé ce délai, la clause résolutoire est acquise : vous assignez au tribunal pour faire résilier le bail.
  • Comptez 12 à 24 mois au total, avec la trêve hivernale (1er novembre au 31 mars) qui suspend l'expulsion.
  • Une GLI vous indemnise pendant la procédure ; au régime réel, les frais de justice sont déductibles.

Un locataire qui cesse de payer, ce n'est jamais agréable, mais c'est une situation encadrée et parfaitement gérable. La loi prévoit une procédure précise, du premier retard jusqu'à la libération du logement. En LMNP, vous gardez la main à chaque étape. Voici le déroulé complet, les délais réels et les bons réflexes pour un bailleur lyonnais.

Locataire qui ne paie plus : combien de temps dure la procédure ?

Comptez en moyenne 12 à 24 mois entre le premier impayé et la libération effective du logement. La phase amiable se joue en quelques semaines. La phase judiciaire, elle, s'étale sur plusieurs mois selon l'encombrement du tribunal et la trêve hivernale.

ÉtapeQui agitDélai indicatif
Relance amiableVousJ+1 à J+15
Mise en demeure (LRAR)Vous~15 jours
Commandement de payerCommissaire de justiceEffet : 6 semaines
Assignation au tribunalVous / avocat1 à 3 mois d'attente d'audience
Jugement de résiliationJugeQuelques semaines
Commandement de quitter les lieuxCommissaire de justice2 mois
Expulsion (hors trêve)Commissaire + préfectureVariable

Ce calendrier n'a rien d'inéluctable. La plupart des dossiers se règlent bien avant le tribunal, dès la relance ou la mise en demeure. L'essentiel est d'agir vite et de respecter chaque étape, car un vice de procédure peut tout retarder.

Étape 1 : la relance amiable, dès le premier retard

Ne laissez jamais un impayé s'installer. Dès qu'un loyer manque, contactez votre locataire. Un simple appel ou un message suffit souvent : un oubli, un prélèvement rejeté, un décalage de salaire se réglent en quelques jours.

Si le dialogue ne suffit pas, proposez un échelonnement écrit. Un plan d'apurement sur trois à six mois évite bien souvent la spirale du contentieux. Gardez une trace de tous vos échanges : ils serviront plus tard si la situation dégénère. Un bail meublé bien rédigé facilite d'ailleurs cette phase : relisez les règles du bail meublé pour vérifier vos clauses.

Étape 2 : la mise en demeure par lettre recommandée

Sans réponse après deux à trois semaines, passez à l'écrit formel. La mise en demeure est une lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR). Elle rappelle le montant dû et fixe un délai pour régulariser, en général quinze jours.

Cette lettre marque un tournant. Elle prouve votre bonne foi et votre volonté de résoudre le litige avant toute action lourde. Si vous avez souscrit une garantie loyers impayés, c'est le moment de déclarer le sinistre à votre assureur, dans les délais prévus au contrat.

Étape 3 : le commandement de payer par commissaire de justice

Toujours pas de règlement ? Vous mandatez un commissaire de justice (l'ancien huissier) pour délivrer un commandement de payer. C'est un acte officiel, remis en main propre au locataire, qui vise la clause résolutoire de votre bail.

Ce document est la première vraie marche judiciaire. Il énumère les sommes dues et avertit le locataire des conséquences d'un non-paiement. Comptez environ 100 à 200 € pour cet acte, des frais récupérables auprès du locataire et déductibles au réel. Le rôle du commissaire de justice est détaillé sur economie.gouv.fr.

Étape 4 : la clause résolutoire et le délai de six semaines

Le commandement de payer ouvre un délai légal de six semaines. Depuis la loi du 27 juillet 2023, ce délai a été raccourci : il était auparavant de deux mois. Pendant cette période, le locataire peut encore payer et sauver son bail.

S'il régularise, tout s'arrête : le bail continue normalement. S'il ne paie pas au terme des six semaines, la clause résolutoire est acquise. Le bail est alors considéré comme résilié de plein droit, mais il faut encore le faire constater par le juge pour obtenir l'expulsion. Le cadre légal figure sur legifrance.gouv.fr.

Étape 5 : l'assignation au tribunal et le jugement

Passé le délai sans paiement, vous assignez le locataire devant le tribunal judiciaire. Le commissaire de justice délivre l'assignation et informe la préfecture, qui saisit les services sociaux. L'avocat n'est pas obligatoire, mais souvent utile pour sécuriser le dossier.

À l'audience, le juge vérifie la dette, constate l'acquisition de la clause résolutoire et prononce la résiliation du bail. Il peut accorder des délais de paiement au locataire de bonne foi. Une fois le jugement rendu, un commandement de quitter les lieux est signifié, avec deux mois avant l'expulsion éventuelle. La procédure complète est exposée sur service-public.fr.

GLI, Visale et trêve hivernale : vos filets de sécurité

Trois éléments changent radicalement votre exposition au risque. Deux vous protègent, un ralentit la procédure. Il faut les connaître avant de louer.

La garantie loyers impayés (GLI)

Si vous avez une garantie loyers impayés (GLI), l'assureur vous indemnise après la carence et prend en charge les frais de procédure. Vous continuez à percevoir vos loyers pendant que le dossier suit son cours. C'est la protection la plus complète pour un bailleur.

La caution Visale

Si votre locataire bénéficie de Visale, cette caution gratuite d'Action Logement rembourse les impayés dans ses plafonds. Vous déclarez le sinistre à Action Logement, qui vous avance les sommes et se retourne ensuite vers le locataire.

La trêve hivernale

Du 1er novembre au 31 mars, aucune expulsion ne peut être exécutée. La procédure continue d'avancer : relances, commandement, jugement restent possibles. Seule l'expulsion physique est suspendue. Un dossier lancé à l'automne verra donc souvent sa dernière étape reportée au printemps.

Un exemple lyonnais concret. Vous louez un T2 à Monplaisir 780 €/mois. Le locataire cesse de payer en septembre. Sans GLI, vous relancez, mettez en demeure, puis délivrez un commandement de payer en octobre. Le délai de six semaines court, mais l'assignation et l'expulsion se heurtent à la trêve hivernale : le logement ne sera libéré qu'au printemps. Avec une GLI, vous auriez été indemnisé dès l'automne. Pour arbitrer votre gestion locative, appuyez-vous sur notre guide LMNP complet, et faites chiffrer votre cas par un expert-comptable spécialisé LMNP à Lyon. Vous pouvez aussi découvrir l'ensemble de nos services d'expert-comptable à Lyon.

Article de référence : pour une vue d'ensemble, consultez notre Location meublée : quelles obligations légales pour le bailleur ?.

Questions fréquentes sur la procédure d'impayés de loyer

Combien de temps pour récupérer mon logement ?

Comptez 12 à 24 mois en moyenne entre le premier impayé et la libération du bien. La phase amiable prend quelques semaines, la phase judiciaire plusieurs mois. La trêve hivernale, du 1er novembre au 31 mars, peut allonger ce délai en repoussant l'expulsion au printemps.

Puis-je expulser mon locataire moi-même ?

Non, jamais. Changer la serrure, couper l'eau ou l'électricité, ou faire pression est illégal et lourdement sanctionné. Seul un juge peut prononcer la résiliation, et seul un commissaire de justice, avec le concours de la force publique, peut procéder à l'expulsion.

Qu'est-ce que la trêve hivernale ?

C'est la période du 1er novembre au 31 mars pendant laquelle aucune expulsion locative ne peut être exécutée. La procédure judiciaire, elle, continue d'avancer. Vous pouvez donc engager toutes les étapes ; seule l'expulsion physique est suspendue jusqu'au printemps.

La GLI paie-t-elle pendant la procédure ?

Oui. Une fois la carence passée, l'assureur vous verse les loyers impayés et prend en charge les frais de commissaire de justice et d'avocat. Vous continuez ainsi à percevoir vos revenus locatifs pendant que le dossier suit son cours devant le tribunal.

Faut-il un avocat pour un impayé à Lyon ?

L'avocat n'est pas obligatoire devant le tribunal judiciaire de Lyon pour ce type de litige. Il reste vivement conseillé dès que le dossier se complique. Beaucoup de bailleurs lyonnais confient l'ensemble à leur commissaire de justice et à un avocat spécialisé pour sécuriser chaque acte.

Que faire si mon locataire a un garant Visale ?

Déclarez l'impayé à Action Logement dès la mise en demeure, dans les délais du contrat Visale. L'organisme vous avance les loyers dus dans la limite des plafonds, puis se retourne vers le locataire pour recouvrer les sommes. La procédure judiciaire peut se poursuivre en parallèle.

Puis-je déduire les frais de procédure au réel ?

Oui. Au régime réel LMNP, les honoraires de commissaire de justice, d'avocat et les frais de contentieux sont des charges déductibles de vos recettes. Les détails figurent sur impots.gouv.fr. Ils viennent réduire votre résultat imposable l'année où vous les engagez.

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Gael Gente, expert-comptable a Lyon

Gael Gente

Expert-comptable associe — Archipel Lyon

Fondateur du cabinet Archipel a Lyon Bellecour, Gael accompagne les createurs d'entreprise, les independants et les TPE dans leurs choix juridiques, fiscaux et comptables.

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Article publie par Archipel Lyon · Cabinet d'expertise comptable · 9 quai des Celestins, Lyon 2e