Création d’entreprise
Installer son activité de dentiste : le guide complet 2026
Du choix de la structure (SELARL, SELAS) à l’investissement et au financement : le guide pour s’installer sereinement en 2026.

Sommaire

En résumé
- Quel statut ? Exercice libéral en propre pour démarrer en collaboration, SELARL ou SELAS dès l’installation en propre pour structurer fiscalité, transmission et entrée d’un confrère associé.
- SELARL ou SELAS ? SELARL pour des cotisations TNS plus économiques, SELAS pour la souplesse statutaire et le régime général. Le choix dépend du niveau de rémunération souhaité.
- Investissement ? 80 000 à 300 000 € pour un cabinet équipé selon le plateau technique (CBCT, fauteuil dernier cri, radio numérique).
- Financement ? Prêt professionnel 7 à 12 ans, leasing pour le matériel lourd, aides à l’installation en zone sous-dotée jusqu’à 50 000 €.
- Combien de temps ? 3 à 6 mois entre la décision et l’ouverture des portes pour une installation en propre, plus court pour un rachat.
S’installer comme chirurgien-dentiste, c’est l’un des projets professionnels les plus lourds — financièrement et juridiquement. Le mauvais statut, le mauvais montage de financement, le mauvais plateau technique, et l’installation se paie en trésorerie pendant cinq ans. Voici comment cadrer chaque décision, avec le regard d’un expert-comptable à Lyon qui accompagne régulièrement des installations dans le secteur dentaire.
Libéral en propre ou en société d’exercice libéral ?
Trois options se présentent au moment de l’installation : exercice libéral en propre (BNC), société d’exercice libéral (SELARL, SELAS), ou contrat de collaboration libérale.
La collaboration libérale est la voie de démarrage classique : pas d’investissement, partage des redevances avec le titulaire (généralement 30 à 50 % du chiffre d’affaires reversés au cabinet). Idéal les 12 à 24 premiers mois pour se faire la main, constituer une patientèle, valider le projet d’installation.
L’exercice libéral en propre (régime BNC, déclaration 2035) est simple à gérer mais limité dès que l’investissement et la rémunération montent. Au-delà de 80 000 à 100 000 € de bénéfices imposables, les cotisations sociales et l’impôt sur le revenu pèsent lourd, et la transmission devient compliquée.
La société d’exercice libéral (SELARL ou SELAS) est le véhicule de référence pour une installation en propre. Elle dissocie patrimoine professionnel et personnel, permet de piloter la rémunération via salaire et dividendes, et facilite l’entrée d’un confrère associé en cours de carrière. Pour la mécanique des statuts, voir notre guide sur la rédaction de statuts à Lyon.
SELARL ou SELAS : le bon choix en 2026
Le débat se cristallise sur deux statuts. Le bon choix dépend du niveau de rémunération visé et de la sensibilité au régime social.
| Critère | SELARL | SELAS |
|---|---|---|
| Régime social du dirigeant | TNS (gérant majoritaire) | Assimilé salarié |
| Cotisations sur 100 000 € de rémunération | ~ 45 % | ~ 75 à 80 % |
| Couverture maladie / retraite | SSI (Sécurité sociale des indépendants) | Régime général |
| Dividendes | Cotisations TNS au-delà de 10 % du capital | PFU 30 % sans cotisations sociales |
| Souplesse statutaire | Encadrée | Très forte |
Pour un dentiste qui démarre seul avec une rémunération modérée les premières années, la SELARL reste l’arbitrage le plus économique. Pour une installation à fort revenu attendu rapidement (rachat d’un cabinet rentable, secteur très demandé), la SELAS peut basculer en avantage par le jeu des dividendes. Notre simulateur EURL vs SASU donne une logique transposable au binôme SELARL/SELAS.
Ouverture vs rachat de cabinet
Deux scénarios d’installation, deux logiques économiques très différentes.
L’ouverture en propre
Vous montez de zéro : local, agencement, équipement, communication, patientèle à constituer. Le ticket d’entrée est plus lourd (250 000 à 400 000 € selon le plateau technique), mais vous avez le contrôle total. Le temps de retour à l’équilibre est de 18 à 30 mois selon la zone d’implantation. Pour un cabinet à Lyon centre, comptez une montée en charge plus rapide grâce à la densité de population et au pouvoir d’achat.
Le rachat de cabinet ou de patientèle
Vous reprenez un cabinet en activité — murs, équipement, patientèle. Le ticket est souvent plus élevé en valeur faciale (200 000 à 800 000 € selon la rentabilité du cabinet repris) mais la trésorerie est immédiate. Le risque principal : surévaluation de la patientèle (le cédant a tendance à valoriser haut), et la rétention de patientèle après cession (taux de fuite typique de 10 à 25 % sur 12 mois).
Le critère qui tranche
L’ouverture convient aux profils qui veulent imprimer leur marque dès le départ, dans une zone où la demande dépasse l’offre. Le rachat convient à ceux qui veulent du chiffre d’affaires tout de suite et acceptent l’héritage d’une organisation existante. Sur le bassin lyonnais, les opportunités de rachat ne manquent pas — il faut juste savoir négocier le prix.
Financer son installation : prêt, leasing, aides
Le financement se construit en trois briques.
Le prêt professionnel bancaire couvre le local, l’agencement et le besoin en fonds de roulement de démarrage. Durée 7 à 12 ans, taux 2026 entre 4 % et 6 % selon le dossier. Les banques aiment les dossiers dentaires — le secteur est rentable et peu risqué. Un apport personnel de 10 à 20 % accélère la décision.
Le leasing ou crédit-bail est la solution préférée pour le matériel lourd : fauteuils, CBCT, radio numérique, autoclave. Loyer mensuel déductible, option d’achat en fin de contrat. Pour un investissement de 150 000 € en matériel, le leasing préserve la trésorerie de démarrage.
Les aides à l’installation sont précieuses si vous vous installez en zone sous-dotée (ZIP, ZAC). Le Contrat d’Aide à l’Installation (CAID) peut atteindre 50 000 € versés sur 3 ans, en contrepartie d’un engagement de durée. À Lyon intra-muros, ces zones sont rares mais les communes alentour (Vénissieux, Givors, certaines parties de Villeurbanne) en comptent.
Combien ça coûte vraiment ?
| Poste | Coût 2026 | Commentaire |
|---|---|---|
| Création de la SEL (statuts, immatriculation) | 1 500 à 3 000 € | Inclut conseil juridique et fiscal |
| Local (acquisition murs ou bail commercial) | Variable | 200 à 500 k€ acquisition, 2 000 à 6 000 €/mois loyer |
| Agencement et travaux | 50 000 à 120 000 € | Selon nombre de fauteuils et standing |
| Plateau technique (fauteuils, radio, CBCT) | 80 000 à 250 000 € | Achat ou leasing |
| Logiciel métier + informatique | 5 000 à 15 000 € | Logiciel patient, comptabilité |
| Cotisations URSSAF / CARCDSF (1ère année) | ~ 10 000 à 25 000 € | Variables selon revenu |
| Accompagnement expert-comptable (annuel) | 2 500 à 5 000 € HT | Comptabilité BNC ou SEL, déclarations |
L’investissement total pour une installation en propre tourne autour de 250 000 à 500 000 € selon le standing visé. Pour un rachat de cabinet établi à Lyon Bellecour, comptez plutôt 300 000 à 800 000 € selon la rentabilité. Le retour sur investissement est rapide pour les cabinets bien situés — un dentiste installé qui dégage 150 000 € de revenu net par an n’est pas l’exception, c’est la médiane des cabinets bien organisés. L’accompagnement création à Lyon chez Archipel comprend le business plan, le choix de structure et le suivi des deux premières années.
Questions fréquentes sur l’installation d’un dentiste
Faut-il s’inscrire à l’Ordre avant d’ouvrir le cabinet ?
Oui, l’inscription au Conseil départemental de l’Ordre des chirurgiens-dentistes est obligatoire avant tout exercice. Comptez 2 à 4 semaines de traitement, et un dossier complet (diplôme, casier judiciaire, RC pro, justificatifs de la structure d’exercice). Sans inscription, pas d’exercice possible.
Peut-on s’installer en libéral et garder une activité salariée ?
Oui, le cumul est possible. Beaucoup de dentistes commencent en collaboration ou en salariat à temps partiel tout en montant leur cabinet en propre. La déclaration des deux activités est obligatoire, et la fiscalité se cumule.
Quel chiffre d’affaires viser la première année ?
Pour une ouverture en propre, prévoir 150 000 à 250 000 € de CA la première année, montée en charge progressive. Pour un rachat, le CA repris est immédiat — c’est l’avantage central. Le ratio bénéfice/CA en cabinet dentaire bien tenu tourne autour de 30 à 45 %.
Quels secteurs de Lyon sont les plus porteurs ?
Lyon centre (Presqu’île, Bellecour, Confluence) reste très demandé mais saturé. Les opportunités les plus rentables sont sur la première et deuxième couronne : Villeurbanne, Caluire, Sainte-Foy, Tassin. La densité de la patientèle compense la moindre visibilité.
Comment évaluer une patientèle à racheter ?
La méthode la plus utilisée : multiple du chiffre d’affaires moyen sur les 3 derniers exercices. Multiple typique entre 30 % et 60 % du CA selon la qualité du cabinet, l’âge de la patientèle, le taux de rétention historique. Une analyse comptable indépendante est indispensable avant signature.
Faut-il un expert-comptable spécialisé dentaire ?
Pas strictement nécessaire mais fortement recommandé. Le secteur a ses spécificités (CARCDSF, plateau technique, leasing dentaire, modes de rémunération conventionnés). Un cabinet d’expertise-comptable qui connaît le secteur libéral médical fait gagner du temps et sécurise les arbitrages.
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Gaël Gente
Expert-comptable associé — Archipel Lyon
Fondateur du cabinet Archipel à Lyon Bellecour, Gaël accompagne les créateurs d’entreprise, les professions libérales et les TPE dans leurs choix juridiques, fiscaux et sociaux. Prendre rendez-vous →
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