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Facture électronique obligatoire 2026 : êtes-vous prêt ?

By 6 mai 2026mai 11th, 2026Pas de commentaire
EXPERTISE COMPTABLE & CONSEIL

Facture électronique obligatoire 2026 : êtes-vous prêt ?

La réforme la plus structurante de la décennie pour les entreprises françaises commence le 1er septembre 2026. Décryptage par votre expert-comptable à Lyon.

✍ Gaël GenteExpert-comptable associé⏱ 14 min de lecture📅 6 mai 2026
Gaël Gente, expert-comptable à Lyon

En résumé

  • Qui est concerné ? Toutes les entreprises françaises assujetties à la TVA, sans exception (y compris micro-entrepreneurs et SCI à l’IS louant à des pros).
  • Quand ? Réception obligatoire pour tous au 1er septembre 2026. Émission obligatoire au 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et ETI, au 1er septembre 2027 pour les PME, TPE et micro-entreprises.
  • Comment ? Via une Plateforme Agréée (PA) — le portail public gratuit (PPF) ne permet plus d’émettre depuis octobre 2024.
  • Formats admis : Factur-X, UBL, CII. Le PDF par mail n’est plus une facture conforme en B2B domestique.
  • Sanctions : jusqu’à 50 € par facture non conforme (plafond 15 000 €/an).

Sur la centaine de dossiers que je gère actuellement chez Archipel à Lyon, la majorité a déjà choisi sa plateforme agréée. Ceux qui n’ont rien fait risquent un sérieux embouteillage à mesure qu’on approche de l’échéance. Dans cet article, je vous livre la méthode concrète qu’on applique au cabinet, mes opinions tranchées sur la nouvelle architecture (PPF, PDP, PA), et un script d’appel à donner mot pour mot à votre éditeur logiciel cette semaine.

La facture électronique obligatoire en 2026, c’est quoi exactement ?

La facture électronique obligatoire 2026 n’est pas un simple PDF envoyé par mail. C’est un document de facturation émis, transmis et reçu dans un format informatique structuré qui permet son traitement automatique par les logiciels comptables et par l’administration fiscale. Trois formats sont admis :

  • Factur-X — le plus répandu en France. Un PDF lisible côté humain, doublé d’un XML structuré côté machine.
  • UBL (Universal Business Language) — format XML standard international, courant à l’export.
  • CII (Cross Industry Invoice) — format XML porté par l’UN/CEFACT, utilisé par les grands comptes.

Le PDF non structuré envoyé par mail ne sera plus considéré comme une facture conforme dans le circuit B2B domestique entre assujettis à la TVA.

Une réforme qui touche TOUTES les entreprises françaises

Toutes les transactions B2B (entre entreprises assujetties à la TVA en France) sont concernées. Que vous soyez une petite micro-entreprise lyonnaise, un cabinet libéral du 6e ou un groupe industriel à Vénissieux, vous devrez émettre vos factures via une plateforme agréée. C’est la fin du PDF seul comme facture B2B domestique conforme. Le format Factur-X reste un PDF lisible côté humain — mais avec une couche XML structurée derrière, qui change tout pour la machine. La création d’un compte chez un opérateur agréé deviendra le point de départ de votre nouvelle organisation administrative.

Pourquoi le gouvernement impose ce changement ?

Trois objectifs assumés :

  • Lutter contre la fraude à la TVA, qui coûte près de 25 milliards d’euros par an à l’État selon les estimations de Bercy.
  • Simplifier les démarches déclaratives à terme, avec un pré-remplissage automatique de la déclaration de TVA.
  • Faire gagner du temps aux entreprises en supprimant la saisie manuelle.

La promesse : entre 4 et 5 milliards d’euros d’économies pour les entreprises françaises selon le rapport de la Direction Générale des Entreprises.

Honnêtement, je trouve que le calendrier de la réforme a été géré de manière chaotique. Trois reports successifs ont sapé la crédibilité de Bercy auprès des dirigeants. Aujourd’hui, beaucoup pensent qu’il y aura un quatrième report. Mon pari personnel : il n’y en aura pas. À ce stade, le calendrier est fixé par les textes nationaux (loi de finances) et les travaux techniques sont en cours. Je recommande sincèrement de ne pas compter sur un nouveau report. Plus d’informations sont publiées régulièrement par l’administration : il est utile de découvrir ces ressources publiques et de les anticiper.

Calendrier officiel : les dates clés de la réforme

1er septembre 2026 : la réception devient obligatoire pour TOUS

À cette date, toutes les entreprises assujetties à la TVA en France doivent être capables de recevoir des factures électroniques. Aucune exception. Que vous soyez auto-entrepreneur en franchise de base ou grand groupe établi en France, vous devez avoir choisi une plateforme agréée et être prêt à recevoir des factures via le canal électronique. Vos clients devront pouvoir vous contacter via votre adresse électronique de facturation et votre adresse de livraison référencée dans l’annuaire.

1er septembre 2026 : l’émission devient obligatoire pour les grandes entreprises et les ETI

À la même date, les entreprises de plus de 250 salariés ou dont le chiffre d’affaires dépasse 50 millions d’euros doivent émettre toutes leurs factures B2B au format électronique. Concrètement, environ 7 000 grandes entreprises et entreprises de taille intermédiaire sont concernées dès le 1er septembre 2026. Cette première vague servira de test grandeur nature pour le reste du tissu économique.

1er septembre 2027 : émission obligatoire pour les PME, TPE et micro-entrepreneurs

Un an plus tard, c’est au tour des PME, TPE, micro-entreprises et professions libérales. Soit environ 4 millions d’entreprises françaises. Petit aveu : je ne suis pas certain à 100 % que cette date du 1er septembre 2027 tiendra pour les TPE. C’est déjà le troisième calendrier annoncé pour cette réforme. Cela dit, mieux vaut anticiper et ne pas avoir à courir trois mois avant l’échéance. Et même si la date glisse de 6 mois, l’obligation viendra. Compter sur un report serait une erreur. La généralisation s’imposera à toutes les petites structures, y compris aux indépendants exerçant en sous-traitance ou en service public.

Date Réception Émission Entreprises concernées
1er sept. 2026 Obligatoire Obligatoire Grandes entreprises et ETI
1er sept. 2026 Obligatoire PME, TPE, micro-entreprises
1er sept. 2027 Obligatoire Obligatoire PME, TPE, micro-entreprises

PPF, PDP, PA : qui fait quoi dans la nouvelle architecture ?

Le PPF (Portail Public de Facturation) : annuaire et concentrateur

Pour parler franchement, je trouve que le recentrage du PPF en 2024 est l’angle mort de cette réforme. À l’origine, l’État avait promis une plateforme publique gratuite pour permettre à toutes les entreprises de basculer sans surcoût. En octobre 2024, l’émission gratuite via le portail public de facturation a été enterrée silencieusement. Résultat : aujourd’hui, même un micro-entrepreneur qui facture 10 000 euros par an doit s’abonner à un opérateur privé. Je ne dirai pas que c’est un cadeau aux éditeurs, mais ça y ressemble fortement.

Ce qui reste du PPF en 2026 : un annuaire central et un concentrateur de données fiscales. Concrètement, c’est l’infrastructure publique qui permet aux PA de se parler entre elles et de remonter les informations à l’administration. Utile, mais loin de la promesse initiale d’un service public de facturation gratuit.

Les PDP (Plateformes de Dématérialisation Partenaires), rebaptisées PA

Ce sont elles qui font tout le travail concret : émettre, recevoir, transmettre les factures et faire remonter les données fiscales au PPF. Les PDP ont été officiellement renommées Plateformes Agréées (PA) en 2025. Elles sont immatriculées par la DGFiP. En avril 2026, plus de 120 plateformes étaient agréées contre 61 lors de la première publication en septembre 2024. Le couple ppf pdp est désormais le pivot de toute la réforme. La liste complète est publique et publiée sur impots.gouv.fr ; il est utile de la consulter avant tout choix.

Les Opérateurs de Dématérialisation (OD)

Les OD sont des intermédiaires non agréés qui peuvent traiter vos factures, mais qui doivent obligatoirement passer par une PA pour la transmission finale au PPF. Si vous utilisez déjà un logiciel de facturation, votre éditeur deviendra probablement OD ou se connectera à une PA partenaire.

Comment choisir entre toutes ces options ?

Trois critères concrets pour trancher rapidement.

1. Modèles de tarification — quatre familles à connaître

Modèle Cible Fourchette indicative
Gratuit (freemium) Micro-entrepreneurs, < 50 factures/mois 0 € (Sellsy Free, Pennylane Solo, etc.)
Abonnement TPE TPE classique, 50 à 300 factures/mois 10 à 30 € HT/mois
Abonnement PME PME, plusieurs centaines de factures/mois 50 à 150 € HT/mois
Sur-mesure / ERP ETI et grands groupes, intégration ERP (Sage, Cegid, SAP) Devis — souvent > 500 €/mois

2. Périmètre fonctionnel attendu — choisir selon votre usage réel :

  • Réception seule — si vous ne facturez qu’à des particuliers (B2C) et ne recevez que des factures fournisseurs. Solution la plus simple et la moins chère.
  • Émission + réception — la majorité des entreprises B2B.
  • Émission + réception + e-reporting — indispensable si vous avez des ventes B2C significatives ou des opérations internationales.

3. Compatibilité avec votre outil actuel — si vous utilisez déjà Pennylane, Sage, Cegid ou QuickBooks, vérifiez simplement à quelle PA il est connecté. Si vous facturez avec Word ou Excel, il est temps de basculer. Chez Archipel, on accompagne nos clients sous Pennylane Lyon — son module facture électronique est inclus dans tous les forfaits.

Qui est concerné par l’obligation de facturation dématérialisée ?

Toutes les entreprises assujetties à la TVA en France

Sociétés commerciales (SARL, SAS, SA, SNC), entrepreneurs individuels, professions libérales, micro-entreprises, associations à activité économique : si vous êtes immatriculé en France et que vous facturez des prestations B2B, vous êtes concerné. Y compris les SCI à l’IS qui louent des locaux commerciaux à des entreprises. Pour vérifier votre éligibilité, contactez votre expert-comptable ou consultez la documentation publiée sur le portail de la direction générale des finances publiques.

Les exceptions à connaître

Le cœur de l’e-invoicing vise le B2B domestique entre assujettis à la TVA établis en France. Les opérations B2C et les opérations internationales ne relèvent pas forcément de l’e-invoicing, mais elles entraînent généralement une obligation de e-reporting — c’est-à-dire la transmission périodique des données de transaction et de paiement à l’administration via une plateforme agréée. Vous n’êtes donc jamais totalement hors du dispositif. Mieux vaut anticiper plutôt que découvrir une mention manquante au premier contrôle.

Le e-reporting : un pendant souvent oublié

Le e-reporting consiste à transmettre à l’administration fiscale, via une PA, les données de transaction qui ne sont pas concernées par la facture électronique. Typiquement : vos ventes B2C ou vos exports. Ne pas s’en préoccuper en pensant je facture des particuliers, je suis tranquille est une erreur fréquente. La transmission des données de transaction relève de la même réforme et déclencher un contrôle est rapide.

Schéma du circuit de la facture électronique 2026 : émetteur, plateforme agréée (PA), PPF et destinataire
La préparation de la facture électronique commence par un audit du processus de facturation actuel.

Comment se préparer ? Notre méthode en 5 étapes

Étape 1 — Auditer votre processus de facturation actuel

Combien de factures émettez-vous chaque mois ? Sous quel format ? Avec quel outil ? Quelle est l’adresse de facturation de vos clients récurrents ? Quel est le taux moyen de TVA appliqué ? Cette photographie initiale est indispensable. Elle permet de dimensionner correctement la suite et de créer un plan de bascule réaliste.

Étape 2 — Choisir une plateforme agréée (PA)

Trois critères à regarder : la couverture fonctionnelle (réception seule ou émission + réception + e-reporting), l’intégration avec votre logiciel comptable existant, et le coût. Pour la plupart de nos clients TPE, une PA gratuite ou à 10-20 euros par mois suffit largement. Pour les PME avec un volume élevé, l’intégration ERP devient prioritaire. Compter aussi les frais cachés : sécurisation des données, archivage, modèles de factures personnalisables.

Étape 3 — Adapter votre logiciel comptable et votre ERP

Votre outil de facturation doit générer des factures Factur-X conformes. Si vous utilisez Pennylane, Sage, Cegid, QuickBooks ou Sellsy, la mise à jour est généralement automatique. Si vous facturez encore avec Word ou Excel, il faut basculer vers un véritable logiciel de facturation. Vérifiez aussi les mentions obligatoires sur vos modèles de facture, et confirmez que la sécurisation cryptographique est bien activée.

📞 Le script à utiliser cette semaine avec votre éditeur logicielAstuce concrète qu’on donne à tous nos clients : voici mot pour mot la question à poser à votre éditeur. « Bonjour, est-ce que votre solution sera connectée à une plateforme agréée DGFiP au 1er septembre 2026 ? Si oui, laquelle ? Aurai-je un coût supplémentaire mensuel ? Faudra-t-il faire une migration de données ou un re-paramétrage ? » Si l’éditeur ne sait pas répondre dans les 48 heures, c’est rouge — changez de solution avant l’été.

Étape 4 — Former vos équipes

La transition n’est pas qu’une affaire technique. Le service comptable, le service commercial et les assistants administratifs doivent comprendre les nouveaux flux et la nouvelle utilisation de votre outil. Prévoyez 2 à 4 heures de formation par utilisateur, avec des cas pratiques concrets.

Étape 5 — Tester avant la bascule

Profitez de la période entre maintenant et septembre 2026 pour tester en conditions réelles. Émettez vos premières factures Factur-X à des clients pilotes, vérifiez que votre PA les transmet correctement, contrôlez que vous récupérez bien les factures fournisseurs au bon format. Ne basculez jamais d’un coup le 1er septembre. Anticiper, c’est se laisser une marge.

Besoin d’aide pour préparer votre passage à la facture électronique ?

Notre équipe à Lyon Bellecour accompagne déjà des dizaines d’entreprises lyonnaises dans la transition.

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Ce que la facture électronique va changer dans votre quotidien

Pour le dirigeant : un gain de temps réel

Plus de factures papier à scanner, plus de saisie manuelle. Les factures fournisseurs arrivent directement dans votre comptabilité, déjà structurées. Pour un dirigeant de TPE qui passait 3 à 5 heures par semaine sur la gestion administrative, le gain est évident. C’est aussi du temps libéré pour gérer son activité.

Pour la comptabilité : automatisation et fin de la saisie

Les écritures comptables se génèrent automatiquement à partir des données structurées de la facture. Les rapprochements bancaires deviennent quasi instantanés. C’est ce que Pennylane propose déjà à nos clients depuis plusieurs années, et c’est ce qui va se généraliser dans tous les services comptables.

Pour la trésorerie : des paiements plus rapides

Plus la facture arrive vite et structurée, plus le paiement peut être rapide. Les délais de paiement, qui sont l’un des fléaux des TPE françaises et des indépendants, devraient mécaniquement diminuer.

Pour le contrôle fiscal : la transparence accrue

L’administration fiscale aura une vision quasi temps réel de vos transactions. C’est un avantage si votre comptabilité est tenue avec rigueur, c’est un risque si elle ne l’est pas. Raison de plus pour s’appuyer sur un cabinet d’expert-comptable qui sait déclarer la TVA correctement et tenir à jour vos documents.

Combien va coûter cette réforme à votre entreprise ?

Fourchette synthétique par profil — pour répondre directement à la question :

Profil Coût annuel total estimé Détail
Micro-entrepreneur / < 50 factures/mois 0 à 240 €/an PA gratuite + temps interne réduit
TPE (50 à 300 factures/mois) 300 à 800 €/an PA 10-30 €/mois + ~2 jours de paramétrage
PME (300 à 1 500 factures/mois) 1 200 à 3 500 €/an PA 50-150 €/mois + intégration logicielle
PME avec ERP (Sage / Cegid) 3 500 à 8 000 €/an Projet d’intégration + abonnement ERP-PA

Le coût de la PA : entre gratuit et 150 euros par mois

Plusieurs plateformes agréées proposent une offre gratuite pour les petits volumes (moins de 50 factures par mois). Pour une TPE classique, comptez entre 10 et 30 euros HT par mois. Pour une PME avec quelques centaines de factures mensuelles, on monte à 50-150 euros HT. La liste publique des PA est mise à jour mensuellement.

Le coût de l’adaptation logicielle

Si votre logiciel actuel est compatible (Pennylane, Sage, Cegid, EBP, QuickBooks récents), c’est zéro. Si vous facturez avec Word ou Excel, prévoyez entre 200 et 600 euros par an pour un outil adapté. La création d’un espace dédié dans votre logiciel est souvent comprise dans l’abonnement.

Le coût caché : la formation et le temps interne

Le vrai coût, c’est le temps passé à choisir la PA, paramétrer l’outil, former les équipes et tester. Comptez 2 à 5 jours-hommes pour une TPE, 10 à 20 jours-hommes pour une PME. C’est ce coût-là que les dirigeants sous-estiment systématiquement. Sur les 12 derniers projets qu’on a accompagnés au cabinet, le temps réel a dépassé le temps prévu de 40 % en moyenne.

Les économies attendues à terme

Selon l’étude d’impact de Bercy, une TPE économisera en moyenne 800 à 1 200 euros par an en frais de gestion une fois le système en place. Pour une PME, c’est plusieurs milliers d’euros. Ces économies viennent en partie du temps gagné sur la saisie manuelle, et en partie de la réduction des erreurs.

Sanctions prévues par la loi de finances 2026

Les montants ont été calibrés par la loi de finances 2026, et ils ont sensiblement augmenté par rapport aux versions antérieures du dispositif.

Manquement Sanction
Défaut d’émission de facture électronique (quand l’obligation s’applique) 50 € par facture, plafonné à 15 000 € / an
Défaut de recours à une PA pour recevoir Mise en demeure 3 mois → 500 €, puis 1 000 €, puis 1 000 € tous les 3 mois
Non-transmission des données (e-reporting et paiement) 500 € par transmission manquante, plafonné à 15 000 € / an
Première infraction Sanction écartée si régularisation spontanée ou sous 30 jours après demande de l’administration

Honnêtement, ce n’est pas catastrophique pour une grosse PME, mais ça pique vraiment vite pour une TPE qui émet beaucoup de petites factures. Un cabinet d’expert-comptable saura sécuriser votre paramétrage en amont.

Cas pratiques : 3 entreprises lyonnaises face à l’obligation

Marc, restaurateur dans le Vieux-Lyon

Marc tient un bouchon rue du Bœuf depuis quinze ans. Il m’appelle un mardi de mars : « Gaël, mon éditeur de caisse vient de me dire que son outil ne sera pas connecté à une plateforme agréée avant fin 2026. Je fais quoi ? » Verdict : on a basculé sa caisse sur une nouvelle solution Sellsy en 3 semaines, formation incluse. Coût total 0 euro grâce à l’offre gratuite jusqu’à 50 factures par mois, mais 6 heures de re-paramétrage que personne ne lui avait annoncées. Moralité : le vrai coût de transition n’est presque jamais celui qu’on imagine au départ. Anticipez le temps, pas l’abonnement.

Sophie et Anaïs, mécanique de précision à Vénissieux

Sophie dirige avec son associée Anaïs une PME de 35 salariés en mécanique de précision à Vénissieux. 2 500 factures émises et 1 800 reçues par an, ERP Sage 100. Elles ont voulu attendre — par prudence financière, et parce que leur DAF leur disait que « ça bougerait encore ». Résultat : le projet d’intégration ERP, démarré en mars 2026, ne sera bouclé qu’en juillet, pour un coût de 4 800 euros au lieu des 3 500 euros initialement chiffrés (la file d’attente chez les intégrateurs Sage a explosé en avril, et les tarifs ont suivi). Si elles avaient lancé en novembre 2025, on aurait gagné 4 mois et 1 300 euros. C’est exactement ce que je préviens à chaque rendez-vous : sur ce dossier, attendre coûte plus cher qu’agir.

Emma, consultante marketing à la Confluence

Emma est consultante en marketing digital, installée dans un coworking de la Confluence. 60 factures par an, statut micro-entrepreneur. Elle s’est dit « je verrai ça en juillet, j’ai le temps ». Verdict : son client le plus important — une grande SSII lyonnaise — lui a annoncé en avril qu’il n’accepterait plus de PDF par mail à partir de septembre 2026. Bascule en urgence sur Pennylane (qu’elle utilisait déjà pour la compta), 30 minutes de paramétrage, mais une vraie sueur froide. Le coût d’une PA n’est presque jamais le critère limitant — c’est le délai et le timing imposés par vos clients. Si vous facturez des grands comptes, ils vous imposeront le calendrier avant même la DGFiP.

FAQ : vos questions sur la facture électronique 2026

Quelle est la date exacte de l’obligation pour ma TPE ?

Si votre TPE compte moins de 250 salariés et fait moins de 50 millions de chiffre d’affaires, vous devez recevoir des factures électroniques au 1er septembre 2026 et émettre des factures électroniques au 1er septembre 2027. Aucune dérogation n’est prévue, y compris pour les micro-entrepreneurs et les indépendants.

Le PDF simple est-il toujours autorisé après 2026 ?

Non, le PDF non structuré envoyé par mail ne sera plus une facture conforme entre professionnels. Seuls les formats structurés Factur-X, UBL et CII sont admis. Le format Factur-X (qui combine PDF lisible et XML structuré) est le plus utilisé en France et le plus simple à implémenter.

Je facture des particuliers (B2C) : suis-je concerné ?

Vous n’êtes pas concerné par la facture électronique elle-même, mais vous l’êtes par le e-reporting des données de transaction. Vous devrez transmettre périodiquement à l’administration le récapitulatif de vos ventes B2C via une plateforme agréée. C’est une démarche numérique nouvelle pour beaucoup de commerçants.

Ma micro-entreprise lyonnaise doit-elle s’inscrire ?

Oui. Tous les micro-entrepreneurs assujettis à la TVA, mais aussi ceux en franchise de base, sont concernés par la réception au 1er septembre 2026 et par l’émission au 1er septembre 2027. C’est l’obligation la plus large jamais imposée aux indépendants français.

Que se passe-t-il si je n’utilise pas de plateforme agréée ?

Vos factures ne seront tout simplement pas considérées comme valables fiscalement. La loi de finances 2026 prévoit 50 euros par facture émise non conforme (plafond 15 000 euros par an), 500 euros par transmission e-reporting manquante (même plafond), et un dispositif de mise en demeure pour le défaut de réception via plateforme agréée. Surtout, vos clients verront leur TVA déductible refusée, et ils vous le feront savoir. À terme, ils vous imposeront eux-mêmes le passage à une PA — vous n’aurez plus le choix.

Combien de plateformes sont actuellement immatriculées ?

Plus de 120 plateformes étaient officiellement immatriculées par la DGFiP en avril 2026, contre 61 en septembre 2024. La liste publique est mise à jour régulièrement sur le site officiel. Toutes les grandes solutions du marché (Pennylane, Sage, Cegid, EBP, Sellsy, QuickBooks, Yooz) sont représentées.

Mon expert-comptable peut-il gérer ça pour moi ?

Oui, et c’est même la solution que je recommande à mes clients lyonnais. Chez Archipel Lyon, on prend en charge le choix de la plateforme, le paramétrage, l’intégration avec votre comptabilité, la formation et la sécurisation. Vous restez concentré sur votre métier, on s’occupe de la conformité réglementaire.

Conclusion : anticipez plutôt que subir

Si je devais résumer en une phrase ce que je dis à chaque rendez-vous depuis six mois : ne traitez pas la facture électronique obligatoire 2026 comme un projet IT, traitez-la comme un projet d’organisation. La technique est secondaire — la vraie question, c’est de revoir vos process internes pour ne pas subir septembre 2026 en étant débordé.

Et après 2027 ? Le projet européen ViDA (VAT in the Digital Age), adopté à Bruxelles en mars 2025, va prolonger cette réforme avec un e-reporting transfrontalier d’ici 2030. Concrètement : si vous facturez aujourd’hui un client allemand ou italien, ces transactions devront aussi être reportées en temps réel à l’administration fiscale. La facture électronique obligatoire 2026 n’est que la première pierre. Construire propre maintenant, c’est éviter de tout refaire dans 4 ans.

Vous êtes dirigeant ou indépendant à Lyon et vous voulez préparer votre transition sereinement ? Contactez Archipel Lyon pour un premier échange. Mon équipe et moi vous accueillons à Bellecour pour auditer votre situation, choisir la plateforme adaptée et planifier la bascule en douceur.

Préparez votre passage à la facture électronique avec Archipel Lyon

Nos experts-comptables auditent votre situation et choisissent avec vous la plateforme agréée la mieux adaptée.

Gaël Gente, expert-comptable associé Archipel Lyon

Gaël GenteExpert-comptable associé — Archipel Lyon

Fondateur du cabinet Archipel à Lyon Bellecour, Gaël accompagne les créateurs d’entreprise, les indépendants et les TPE dans leurs choix juridiques, fiscaux et comptables.

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Article rédigé par Gaël Gente, professionnel du chiffre inscrit à l’Ordre des Experts-Comptables — Cabinet Archipel Lyon, Lyon Bellecour. Dernière mise à jour : mai 2026.